Samedi 7 février 2026, Donatella Fedeli et deux de ses petites-filles : Cléo et Nina Van Mulders nous ont littéralement transportés dans des lieux et des rythmes que, personnellement, je ne connaissais que très peu! Que du BONHEUR !
La salle est comble et le public, très heureux d’être là, ne lésine pas lors des applaudissements !
14 morceaux joués tantôt par l’une tantôt par l’autre, tantôt à quatre et même à six mains ! Extraordinaire !
Grâce à la présentation faite par Donatella, nous pouvons voyager ensemble et j’espère vous donner le goût de cette soirée.
Nous commençons par la période baroque ; nous sommes à Venise, sur l’île de Burano. Baldassare Galuppi a écrit plusieurs opéras bouffes mais aussi quelques pièces instrumentales dont la sonate en Do Majeur. Donatella nous en interprète la première partie.
En Allemagne, Jean- Sébastien Bach, son aîné, nettement plus austère, est inspiré par une profonde foi chrétienne. Pour tout futur pianiste l’œuvre de Bach est incontournable et très pédagogique.
L’Invention à deux voix permet de faire dialoguer les deux mains comme deux solistes indépendants. C’est Cléo qui nous l’interprète.
Nous restons en Allemagne mais avançons un peu dans le temps pour faire la connaissance de Friedrich Burgmuller qui passera une grande partie de sa vie à Paris. Il est connu pour sa musique de salon et comme pédagogue.
Nina nous interprète Balade et Cléo l’Orage , deux pièces tirées des cahiers d’étude de Burgmuller.
Ensuite nous partons à Vienne pour y rencontrer Franz Schubert, le poète de la musique qui fait la transition entre classicisme et romantisme. C’est grâce à Donatella que nous pouvons entendre un impromptu, comme son nom l’indique nous abordons ici une forme d’écriture plus libre, qui peu à peu se dégage de la forme très structurée de la période classique .
Nous arrivons ensuite dans la période romantique de la première moitié du 19ème siècle.
Nina et Donatella interprètent la Sonatine en Do majeur de C.M. Von Weber
Après quoi, c’est la musique de Chopin qui nous enchante. Polonais exilé en France, Chopin a écrit principalement pour le piano. Pendant cette période, la musique laisse transparaître les émotions, la nostalgie la mélancolie. En 1830 Chopin part en France pour une tournée de concerts, mais l’insurrection de Varsovie éclate et Chopin ne reviendra plus dans son pays .
Nous écouterons Cléo jouer la Valse dite de l’Adieu composée à l’âge de 25 ans dédiée à sa bien-aimée restée en Pologne.
Ensuite Donatella nous interprètera l’une des Mazurkas op. 17 composées peu après son arrivée à Paris. On y retrouve la nostalgie du pays, entrecoupée de passages plus dansants.
Ensuite, la période impressionniste qui, tant en peinture qu’en musique débute vers la fin du 19ème siècle . Un des piliers de ce changement sera Claude Debussy. Fini la langueur des émotions, place à la description d’un clair de lune, de la mer, du vent dans la plaine, des pas sur la neige…. de l’influence espagnole, du jazz.
Nina et Donatella nous interprètent chacune un Cakewalk, danse populaire née dans la communauté noire du sud des Etats-Unis pour imiter avec ironie et moquerie l’attitude de leurs maîtres se rendant au bal.
Nous voilà bien installés dans le 20ème siècle et nous partons en Russie pour y rencontrer Kabalewsky. S’il ne compte pas parmi les plus grands compositeurs, il était excellent pédagogue et a écrit entre autres de nombreuses petites pièces pour ces élèves.
Nina vous en interprète deux : Sonatina et toccatina.
Le chapitre russe se termine par la Danse du Sabre de Katchaturian, dernière scène de son ballet Gayaneh, une danse fougueuse et sauvage entrecoupée par l’arrivée de l’héroïne de l’histoire. Cléo et Donatella la jouent à quatre mains.
Ce récital se termine par une marche turque de Beethoven à 6 mains. Le goût de l’exotisme était prisé à l’époque et les marches des Janissaires ottomans, avec leurs roulements de tambour et leurs percussions inspiraient les compositeurs de l’époque ; celle -ci a été écrite pour l’ouverture de la musique de scène « Les Ruines d’Athènes »
A entendre le public, beaucoup aimeraient une deuxième édition et comme Donatella a dû refuser du monde, la salle étant comble, sait-on jamais !
Un énorme MERCI à Donatella, Cléo et Nina ! Non seulement elles nous ont offert une excellente soirée, mais de plus, le bénéfice de celle-ci viendra arrondir la caisse de la cantine scolaire de l’école de Tandila.
Merci aussi au généreux public !
Michelle

