Dans le village de Tandila, la vie suit son cours avec ses joies et ses difficultés. Toutefois, sœur Eliane ne cache pas que la population est de plus en plus pauvre et que beaucoup ont faim. La malnutrition sévère est certes réservée au Sud, mais manger à sa faim n’est pas donné à tous dans le Menabe, région des écoles.
La cantine scolaire a donc plus que jamais une grande importance.
Malheureusement, cette pénurie alimentaire entraîne des tentations pour ceux qui, proches des religieuses, savent que des réserves de riz et de légumineuses permettent d’assurer la cantine pendant la période de soudure (entre deux récoltes). C’est qui se traduit par de nombreux vols ! Il a donc fallu se défaire de 4 cuisinières qui partaient soi-disant avec des seaux d’épluchures de légumes alors que ces pelures n’étaient qu’une mince couche camouflant le vol de riz non cuit. Cela a choqué les religieuses qui avaient totale confiance en ces quatre personnes !
Le comité des parents a bien réagi cherchant directement à engager de nouvelles cuisinières afin que la cantine puisse continuer sans interruption.
Venons en à présent à la fin du premier trimestre scolaire, une fin totalement festive pour tous ! En effet, Sr Eliane a décidé de ne remettre les notes qu’en début de second trimestre, pour permettre à tous les parents d’être présents lors de la remise des bulletins, afin d’évaluer la scolarité de chaque enfant avec ceux qui en sont responsables au quotidien.
La fin du premier trimestre correspond aussi à la prime de fin d’année des enseignants : 1 poulet, 5 kg de riz et 1 bouteille d’1 litre d’huile pour leur assurer un repas festif à Noël.
Mais c’est aussi un bon repas entre collègues au collège et bien évidemment des danses !
Pour tous, une eucharistie d’action de grâce pour l’année 2025. suivie de danses à l’extérieur.
Ensuite, repas festif avec viande de zébu… le comité des parents ayant offert et préparé la viande avec l’aide des enseignants !
Petits et grands mettent tous la main à la pâte, chacun à leur manière !
Ensuite c’est le festin dégusté en classe ou sous les arbres.
L’après-midi, grosse déception : les danses et chants répétés le matin ne pourront pas être exécutés devant tous la pluie s’étant invitée à la fête pour perturber celle-ci !
Mais l’atmosphère vacances est déjà là, les enseignants distribuent des bonbons, tout le matériel cuisine est rangé par chaque classe et c’est le départ.
Mais vacances ne rime pas avec repos pour tous. Il a été proposé à Sr Eliane, directrice, de parfaire sa formation pédagogique et pour se faire elle se rend à Antananarivo pendant les 15 jours de vacances. Elle suit les cours à l’Institut Supérieure de Pédagogie d’Antananarivo ( ISPA) pour obtenir un master en science de l’éducation. Elle est heureuse de le faire tout en reconnaissant qu’elle préfèrerait de loin suivre ce cursus en cours du jour tout au long de l’année.
L’année scolaire reprend ensuite par la remise des notes avec évaluation personnelle en présence des parents !
Les résultats ne sont pas mauvais bien que 59 élèves sur 235 en primaire et 58 sur 148 au collège n’ont pas la moyenne. Ce qui est frappant, c’est que ce sont principalement des élèves en première année de chaque cycle qui n’ont pas réussi ! En première primaire il y en a 28 et en 6° (première année d’humanité) il y en a 20 sur 31 soit les 2/3 de la classe.
Il y a quelques abandons aussi. 2 en maternelle pour cause de déménagement ; en primaire, un jeune de 14 ans, inscrit en seconde primaire n’a pas pu résister à la différence d’âge. Il avait réussi l’alphabétisation l’an dernier mais se retrouver avec toute une classe beaucoup plus jeune que lui n’a pas été possible. Deux autres ont abandonné à cause du manque de motivation des parents. Au niveau du collège une jeune de 13 ans et son ‘ami’ de 14 ans ont quitté, la jeune fille étant enceinte. Un jeune en dernière année du collège a aussi abandonné pour des raisons familiale et il cherche du travail pour seconder sa maman.
Tout cela nous montre combien il est difficile de poursuivre une scolarité complète tant les embûches sont nombreuses et variées.
Pour terminer sur une note plus positive, j’ai envie d’épingler le parascolaire.
Chaque mercredi après-midi, les élèves de primaires, tant de Tandila que d’Andrénalafotsy, ont la possibilité de suivre un cours de flute ou d’aller à la bibliothèque. Comme il n’y a pas assez de place pour tous les élèves, ce sont chaque mercredi deux autres niveaux qui peuvent profiter de la bibliothèque tandis que les autres font du sport.
Comme on peut le voir sur les photos… à la bibliothèque il n’y a pas que la lecture, celle-ci est suivie de la projection d’un film pour leur donner envie de revenir !
Nous souhaitons à tous un second trimestre enrichissant et pourquoi pas pationnant !
Michelle

